L’HISTOIRE DU FESTIVAL PABLO CASALS

En résistance contre Franco, Pablo Casals décide de s’opposer au régime fasciste espagnol. Il va cesser définitivement de jouer, et refuser tous les honneurs qui lui seront octroyés par les Alliés après la défaite de l’Allemagne nazie, tant que son peuple, lui, continue à souffrir sous le joug d’un dictateur toujours en place. C’est ainsi que pour obéir à sa conscience, il entame une nouvelle période d’exil à Prades, ce coin de terre retiré, béni et catalan.

Des émissaires se rendent à Prades pour tenter d’infléchir la décision du Maître. Il leur répond à chaque fois : “Ce n’est pas une question d’argent, c’est une question purement morale”. Le violoniste Alexander Schneider tente sa chance. Il vient trois jours à Prades auprès de Pablo Casals, en lui proposant des sommes toujours plus astronomiques. Nouveau refus. Schneider lui soumet alors une proposition suggérée par le pianiste Mieczyslaw Horszowski : “Vous ne pouvez condamner votre art au silence. Puisque vous ne voulez pas quitter Prades, permettriez-vous que nous venions ici, un groupe de musiciens, et que nous célébrions le bicentenaire de la mort de Bach“. Le Festival nait en 1950. Lire la suite…

PIERRE BLEUSE,

Directeur artistique

Après le succès que fut le Festival la saison dernière et l’amorce d’un renouveau affirmé axé sur la transdisciplinarité et l’ouverture sans renier pour autant son ancrage identitaire et l’héritage de Pablo Casals, son fondateur, je me réjouis de vous présenter la prochaine édition du Festival de Prades qui se tiendra cette année du 29 juillet au 12 août. Notre ambition reste la même, intacte et plus essentielle que jamais dans le contexte actuel : faire de ce temps fort estival une plateforme d’échanges et de rencontres musicales, un écrin pour l’excellence, un tremplin pour les talents de demain, un laboratoire d’initiatives artistiques novatrices et de transmission intergénérationnelle. En effet, nous avons toujours à cœur de favoriser l’insertion professionnelle des jeunes musiciens à l’orée de leur carrière via l’orchestre de chambre du Festival encadré par deux formations piliers, le Quintette Klarthe et le Quatuor Dutilleux. Cet orchestre, véritable plaque-tournante porteuse de l’ADN du Festival accueillera un florilège d’instrumentistes émergents issus de différentes écoles européennes dont la renommée n’est plus à prouver comme l’International Menuhin Academy, l’Académie Supérieur d’Oslo, La Haute école de Lausanne, le CNSMD de Paris, l’ESMUC de Barcelone… élargissant encore un peu plus le réseau de partenariats qui vient nourrir le Festival. Car nous croyons aux vertus d’émulation du mélange des générations par la pratique elle-même, ce qui n’exclut pas la mise en place d’ateliers et de master class, terreaux d’apprentissage incontournables.

Nous sommes par ailleurs soucieux d’accueillir des artistes du monde entier et de faire découvrir au public français d’immenses solistes de la scène internationale encore jamais venus à Prades comme le violoncelliste allemand Daniel Müller Schott qui ouvrira les festivités, Jean-Efflam Bavouzet, l’un des plus grands pianistes actuels, Steven Isserlis, une grande figure du violoncelle, William Christie, maître de la musique baroque qu’on ne présente plus, l’admirable chef d’orchestre suisse Thierry Fischer et l’immense pianiste russe Yulianna Avdeeva avec la violoniste Diana Tishchenko. Venu de Barcelone, le Cuarteto Casals se produira pour la première fois également au Festival ainsi que le jeune quatuor Arod. Leur présence m’enchante, elle est le gage à la fois du renouveau musical de la manifestation et de la pérennité du projet d’origine de faire de Prades un haut lieu de la musique de chambre. Surtout, ne pas nous enfermer dans notre pré carré, ne jamais “faire bande”, c’est ce à quoi je m’engage en favorisant les rencontres et les synergies inattendues. Ainsi, j’ai proposé à l’altiste Timothy Ridout, au violoncelliste Victor Julien-Laferrière, au violoniste Benjamin Bellman et au pianiste Louis Schwizgebel de se réunir pour former un quatuor pour piano et cordes, à la merveilleuse soprano Marie-Laure Garnier de s’associer au Quatuor Dutilleux pour un concert que j’attends avec impatience à l’Abbaye Saint Michel de Cuxa. Nous accueillerons aussi le jeune accordéoniste Félicien Brut dans un duo tout à fait original avec le guitariste Thibaut Garcia, le trio français Talweg au Prieuré de Marcevol et d’autres encore que je suis fier d’inviter à contribuer à l’histoire du Festival. A noter qu’une journée entière sera consacrée à la vocalité avec le chœur Altitudes et la maîtrise d’enfants de Prades. Le jeune public aura d’ailleurs son évènement adapté avec un concert dans le Parc du Château Pams.

Je suis également très heureux d’accueillir en résidence la compositrice italienne Lara Morciano pour un concert de musique contemporaine aux Grottes des Canalettes, conçu en collaboration avec l’ensemble Flashback, groupe de Perpignan passionnant qui intègre outils technologiques et numériques dans son processus créatif. Ainsi, le Festival incorpore des personnalités fortes, en phase avec leur temps, il s’ancre encore un peu plus dans son territoire avec de nouveaux partenariats (Collioure et le Festival Jazz en Tech d’Amélie-les-Bains) et se déploie au-delà de ses dates estivales avec une tournée régionale à l’automne de ses jeunes en résidence. Inauguré l’an passé, le Club, nouveau rendez-vous du Festival, ouvre quant à lui sa programmation éclectique et énergisante au prodige de la guitare brésilienne Yamandu Costa, à la divine Camille Bertault et son quartet jazz, au quatuor vocal les Confrères et au trio Mourataglou/Chevillon/Lopez pour prolonger la soirée dans une ambiance plus conviviale.

Tous les concerts se dérouleront comme à l’accoutumée dans les lieux phares du Festival, témoins architecturaux de la richesse patrimoniale de cette région catalane sublime. Nous avons hâte de vous partager cette nouvelle édition élaborée avec cœur et exigence.

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LE FESTIVAL REÇOIT LE SOUTIEN DE

L’ABBAYE SAINT MICHEL DE CUXA

Ecrin du Festival Pablo Casals, l’abbaye de Cuxa tire son origine de l’abbaye de Saint-André d’Eixalada, située plus haut dans la vallée de la Têt, et fondée vers 840. A l’automne 878, une crue terrible détruisit le monastère (situé tout près du lit de la rivière, à l’emplacement de sources chaudes déjà connues dans l’Antiquité), et contraignit les moines à se réfugier ailleurs. La communauté se transféra à Cuxa, où se trouvait une église dédiée à saint Germain.