Concert : « Musique et pouvoir », le 12 août 2016

Leopold Mozart calma à plusieurs reprises les velleités d’insubordination d’Amadeus envers l’Archevèque Collorédo. Le père de Mozart ne fit que retarder ce qui devait arriver à savoir une rupture brutale entre les deux hommes par l’intermédiaire du Comte d’Arco qui le mit à la porte, au sens littéral du terme. Mozart écrira cette sonate K. 379 juste après…
Cette symphonie de Haydn est à la fois une des plus célèbres et une des plus grandes. Sa célébrité vient de sa structure en cinq mouvements. Avec son Adagio terminal au cours duquel les instrumentistes, sauf deux violons, s’en vont les uns après les autres, Haydn aurait voulu tirer l’attention du Prince Esterhazy sur les mécontentements des musiciens de la cour. Hautbois et cors s’en vont les premiers, bientôt suivis par le basson, puis par le reste des vents. Les cordes restent seules un temps. Les contrebasses se retirent, puis les violoncelles, puis les violons (sauf deux solistes) puis c’est au tour des altos. A la fin ne restent plus que les deux violons solistes et l’œuvre s’éteint dans la nuance pianissimo…
Chostakovitch était en désaccord total avec le régime stalinien. Enclavé par le stalinisme, le compositeur apparaît comme l’incarnation d’un musicien de génie officiel, faisant allégeance au pouvoir et, bien qu’il ait toujours mis son talent au service de la Révolution, sa carrière alterne honneurs et disgrâces. Réservons-lui le final de ce concert « Musique et pouvoir » avec le somptueux Quintette pour piano et cordes op. 57.

BRUNO PASQUIER, ALTO

Fervent interprète, réussissant un parfait équilibre entre la nature majestueuse de l’instrument et les exigences du virtuose » (La Suisse). Cette critique, à la suite d’une interprétation par Bruno Pasquier du concerto pour alto de Bartók traduit bien la synthèse que l’artiste a su opérer entre sa sensibilité musicale, son impressionnante technique, et le respect d’un instrument dont il tire une large et puissante sonorité qui l’a imposé comme l’un des meilleurs altistes au monde. Après le parcours classique des premiers prix obtenus tout d’abord au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris puis au Concours International de Munich, Bruno Pasquier aura de grandes responsabilités comme premier soliste au Théâtre de l’Opéra de Paris puis à l’Orchestre National de France. Il aura la confiance de chefs prestigieux tels que Karl Böhm, Georg Solti, Seiji Ozawa, Lorin Maazel, etc. Ce dernier le choisit pour une tournée au Japon comme soliste invité. L’activité de concertiste l’amène à quitter ses fonctions orchestrales. Il se produit alors dans le monde entier. Membre du Trio Pasquier, formation très recherchée, Bruno Pasquier participe à de nombreux festivals internationaux avec les plus grandes personnalités de la Musique. Il participe également à de nombreuses créations, dont un concerto d’alto de Ton That Tiet à Radio France (2008). Professeur honoraire au Conservatoire National Supérieur de Paris, il donne très souvent des Masters classes. Sa discographie est très dense: plusieurs fois primé par les Académies de disque, il a aussi reçu une victoire de la musique pour un enregistrement de la Symphonie Concertante de Mozart en compagnie de son frère Régis Pasquier.
Bruno Pasquier joue un magnifique alto de Paolo Maggini (début XVIIe) qu’il a pu obtenir grâce au grand luthier Etienne Vatelot et avec la complicité de Yehudi Menuhin. Il est chevalier de la légion d’honneur.

 21 H | ABBAYE SAINT MICHEL DE CUXA

« MUSIQUE ET POUVOIR… »

W. A. MOZART   Sonate pour violon et piano en sol majeur K. 379
(Comme un écho de la rupture brutale de Mozart avec l’Archevêque Colloredo, qui le fit mettre à la porte par le Comte d’Arco…)
J. HAYDN   Symphonie « Les adieux » en fa dièse mineur n° 45
(première manifestation d’humeur de musiciens , en désaccord avec le Prince Esterhazy…)
D. CHOSTAKOVITCH  Quintette pour piano et cordes en sol mineur op. 57

Christian Altenburger | Ulf Wallin | Bruno Pasquier | Niklas Schmidt | Talich Quartet
Jean-Louis Capezzali | Carlo Colombo | André Cazalet | Olivier Gardon

MUSIQUE ET POUVOIR